Biographie

Je suis né en 1973, l'année du putsch militaire au Chili qui renversa le gouvernement de Salvatore Allende, l'année où décédèrent Bruce Lee et Pablo Picasso, l'année de la guerre de Yom Kippour et du premier choc pétrolier.

En 1973, heureusement, un cessez-le-feu fut enfin signé au Vietnam. Les Américains arrêtèrent leur boucherie, en attendant de recommencer ailleurs. L'Ajax de Johan Cruyff inventait le football total pendant que Bob Marley enregistrait I shot the sheriff et que le groupe Nass El Ghiwane cartonnait au Maroc. Deux ans auparavant, jour pour jour, Jim Morrison décédait à Paris.

En France, Georges Pompidou était président de la République. Aux États-Unis, Richard Nixon s'était fait réélire pour un second mandat et Mao dirigeait encore la Chine, mais plus pour très longtemps. Je suis né à Marrakech, au Maroc en plein règne de Hassan II, monté sur le trône en 1961.

Je suis né au Maroc et, en 1981, à l'âge de huit ans, j'ai vu l'armée, sur ordre du roi Hassan II, déployer ses tanks dans les rues de Casablanca et tirer à balles réelles sur les manifestants. 

Je suis né et ai grandi dans un pays qui, rapidement après son indépendance, s'est dôté d'une Constitution moderne, garantissant la séparation des pouvoirs et le multipartisme. Pourtant, pendant les plus de 60 années d'indépendance, comme dirait Hicham, " Des monarques démoniaques, des commissaires divisionnaires tortionnaires, des ministres de l’Intérieur tous chantres de la terreur et une police plus souvent milice ont fait vivre aux Marocains un quotidien éloigné des principes énoncés dans les articles de la Constitution. La répression dans le Rif, les enlèvements d’opposants politiques et syndicalistes, les états d’exception, les tanks dans les rues pour réprimer les révoltes de 1965, 81, 84 et 90, la séquestration de la famille Oufkir, les multiples procès de masse pour atteinte à la sûreté de l’Etat, la torture dans les commissariats devenue l’outil exclusif pour conduire les interrogatoires et l’existence de bagnes ignobles."

Après l'obtention de mon baccalauréat, j'ai poursuivi mes études supérieures en France, où je vis depuis maintenant plus de vingt ans.

YJ

Youssef Jebri vu par les Editions du Cygne

Youssef JEBRI est un écrivain franco-marocain. Ou bien à la fois marocain et français ? A moins que ce soit plutôt français et marocain ! Finalement peu importe, Youssef JEBRI est avant tout un citoyen du monde qui a mis sa vie au service des droits de l’homme.

Les combats humains sont multiples : à la fois politiques, sociaux, culturels et personnels. Youssef JEBRI l’a bien compris et c’est pourquoi sa pensée est si riche et si pertinente. Elle intègre l’humain dans toutes ses dimensions multiples.

Les prises de position de Youssef JEBRI doivent être écoutées avec attention pour plusieurs raisons :

D’abord, Youssef JEBRI est légitime. Loin de se servir des droits de l’homme pour faire carrière (comme le font malheureusement beaucoup d’institutionnels ou de membres d’ONG), Youssef JEBRI a volontairement abandonné un emploi stable, gratifiant et bien rémunéré pour se lancer, sans « parachute financier » dans l’écriture et dans la dénonciation des injustices.

Par ailleurs, Youssef JEBRI possède cet atout qu’est le métissage culturel. Baignant à la fois dans une culture orientale et occidentale, il a compris tout de suite l’atout intellectuel qu’il pouvait tirer de cette « schizophrénie culturelle ». Il est à la fois les deux et aucun des deux. A la fois dedans et dehors, c’est ce qui rend ses analyses claires, argumentées et lucides.

Ensuite, les opinions de Youssef JEBRI connaissent la nuance. Même si sa plume est vive, acérée et sans concessions, il connaît les paradoxes de l’humanité. Dans notre monde complexe, il n’existe pas de solutions unilatérales,  Youssef JEBRI le sait, il n’est pas l’homme des slogans. Youssef JEBRI est un homme d’une grande richesse intellectuelle.

Et surtout, Youssef JEBRI assume ses prises de position parfois difficiles, parfois dangereuses. Il connaît le prix à payer pour son combat contre l’intolérance, contre l’incompréhension et les raccourcis faciles. Youssef JEBRI est un homme d’une grande richesse humaine. Il est honnête, il est fidèle. On s’enrichit à le côtoyer.

Enfin, Youssef JEBRI n’est pas un prédicateur. Il se sait faillible. Il connaît la limite des hommes et bien entendu les siennes. Bref, Youssef JEBRI a cette qualité qu’on appelle le charme et c’est pourquoi nous aimons l’écouter.